Vie privée et réseau sociaux : ce qu’il faut savoir !

Le 6 juillet dernier, Mark Zuckerberg, le créateur de Faceboock, annonçait le chiffre étourdissant de 750 millions d’adhérents. Selon un sondage réalisé par l’IFOP en novembre 2011, 77% des français sont membres d’un réseau. Faceboock est le plus fréquenté, Youtube, Twitter ou encore Linkedin figurent en bonnes positions.
En peu de temps, un système social structuré s’est imposé auprès d’un public très large. Une rapidité qui à pris de cours nos comportements…
Qu’en est-il de notre vie privée ? Le désir de communiquer avec les internautes proches ou lointain a soudain fait sauter les barrières les plus élémentaires de la prudence.
Avec « justakgemalto » prenons le temps de nous interroger sur les risques auxquels nous nous exposons lorsque nous ouvrons un compte sur l’un de ces réseaux.  

1 – S’exposer n’est pas sans danger

Le piège est là : nous pensons qu’il n’y a rien de bien inquiétant à poster sur son compte Faceboock une photo de vacances, avec une légende bien simple : comme chaque année en juillet sur la plage… Anodin ?
Pas de raison de nous reprocher de montrer le dîner d’une Saint-Sylvestre. Anodin ?
Commenter un événement de la vie de son pays, donner son avis sur tel ou tel sujet de société, rien de répréhensible, nous sommes en démocratie ? Anodin, toujours ?
Utiliser la nouvelle formule proposé par Faceboock, pour présenter sur une page l’histoire de sa vie, le « Journal » comme on l’appelle en France et « Timeline » dans les pays anglophones, c’est pratique. Est-ce sans contre partie fâcheuse ?
Prenons, à partir de ces usages courants, quelques exemples qui démontrent les implications malheureuses qui peuvent en découler.
Les vacances, chaque été en juillet… A partir de cette légende, nous donnons une information très utile à des cambrioleurs : chaque mois de juillet notre appartement en ville est désert… La Saint-Sylvestre ? Attention aux images qui dévoilent nos façons de vivre. Aujourd’hui, 51 % des responsables des ressources humaines déclarent recourir aux réseaux sociaux de façon régulière ou occasionnelle lors d’un processus de recrutement. Un sondage effectué en Angleterre auprès de jeunes de 14 à 21 ans indiquaient que 71% d’entre eux ne souhaitaient pas que des recruteurs puissent avoir accès à leur profil sur les réseaux sociaux. Pourtant seulement 40% de ces mêmes jeunes avaient réalisé que les documents mis en ligne l’étaient pour une durée indéfinie. Une photo postée dix ans plus tôt est toujours visible sur la toile… Avec le « Journal », la nouvelle façon de présenter son profil sur Faceboock, les informations que vous entrez sur le site sont organisées chronologiquement, in fine vous constituez une véritable biographie de vous même. Dans laquelle des recruteurs pourront une nouvelle fois vérifier vos assertions lors d’un entretien ou corroborer les renseignements de votre C.V.. Et si une attitude peut nous être reprochée, que dire d’un avis, d’un commentaire. Oui, nous sommes en démocratie, mais tout le monde ne partage pas les mêmes opinions, et à l’heure d’être recruté, qui sait si cela ne fera pas la différence ?  

2 – Tag et reconnaissance faciale

Aux traces que vous laissez sur la toile, s’ajoutent celles que vos amis peuvent également semer. Les possibilités de tagger des images, c’est à dire de lier une photo à votre identité, sont des sources supplémentaires de risques, car si vous souhaitez maîtriser vos données, vos amis sont peut-être moins sensibles que vous sur ce sujet.

Faceboock, notamment, leur permet de retrouver une photo de vous et d’y apposer votre nom. Ils peuvent ensuite la faire circuler sur des sites ou auprès de personnes qui vous sont parfaitement inconnues. Plus sensible encore, un système de reconnaissance faciale est actif sur Faceboock, il analyse automatiquement toutes les images présentes sur le réseau. Cette fonctionnalité est ouverte par défaut, elle se présente sous la forme d’une annonce qui permet à vos amis, lorsqu’il téléchargent une photo, sur laquelle vous semblez apparaître, de vous identifier et de tagger cette image. Faceboock n’est pas le seul site à procéder ainsi, Picasa fait également de même.
Même sans légende et dans un contexte disons classique, une photo peut-être utilisée à des fins mal intentionnées. L’université américaine de Carnegie-Mellon, est spécialisée dans la recherche informatique. Elle a récemment réalisé trois expériences qui ont clairement mis en évidence les risques liés à la reconnaissance faciale. Lors de la première, les chercheurs ont extraits des photos sur des profils provenant d’un site de rencontres, puis grâce à un système de reconnaissance faciale, ils les ont comparées aux photos issues de différents réseaux sociaux. Une partie importante des membres du site de rencontres a ainsi été identifiée alors que les identités y étaient protégées par des pseudonymes. La deuxième expérience a permis d’identifier des étudiants à partir d’images filmées par des webcam disposées sur le campus de leur université. Un tiers des étudiants filmés a pu être identifié. Enfin, la troisième expérience a permis de collecter des informations personnelles (numéro de sécurité sociale, notamment). Ceci démontre qu’à partir d’une simple image sur le net, il est possible d’identifier la personne, et plus encore de collecter des informations personnelles. Anodin, pensiez-vous. Vraiment ?

 

En résumé
1 – Les informations mises en lignes sont consultables des années après leur publication.

2 – Vos données, si vous n’y prenez pas garde, sont consultables par un très large public.

3 – Les systèmes de tag et de reconnaissance faciale permettent de vous identifiez sur une photo sans votre accord.

4 – A partir d’une photo de vous mise en ligne, il est possible d’obtenir des informations personnelles que vous ne souhaitez pas divulguer.

Dans notre prochain Post sur « Justaskgemalto », nous montrerons comment se protéger des risques que nous venons d’identifier.

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