Les conseils de l'association e-Enfance

Du Fretay Christine
Poste: 
Présidente-fondatrice de l'association e-Enfance
Lorsque j’ai créé l’association e-enfance il y a 6 ans, le web 2.0 n’existait quasiment pas. Facebook n’était pas présent en France. Inimaginable aujourd’hui ! Expliquer aux parents pourquoi leurs enfants passaient des heures sur leur ordinateur dans leur chambre était tout nouveau. Réseaux sociaux, jeux en ligne, internet mobile… l’évolution des comportements des jeunes sur le Web pose des questions nouvelles auxquelles les parents sont confrontés chaque jour.

Avant le Web social, la recherche d’information était évidemment largement répandue et il fallait expliquer aux parents qu’une recherche sur Google, même à vertu scolaire, n‘était pas dénuée de risque. D’autant que les enfants, notamment les plus jeunes, font le plus souvent des recherches en mode « Image », ce qui multiplie les possibilités d’être confronté à une image choquante sans aucun filtre, même lexical, pour s’en prémunir. D’où notre premier combat auprès des fournisseurs d’accès à Internet pour qu’ils s’équipent tous de logiciels de filtrage, dits de contrôle parental, et le proposent dans leurs abonnements. Une victoire acquise en 2005 avec le soutien des pouvoirs publics de l’époque, dont la France peut se glorifier encore aujourd’hui car elle reste une « best practice » européenne, voire mondiale à cet égard ! Les australiens sont même venus nous rencontrer pour s’inspirer de notre expérience. La qualité de filtrage a été améliorée grâce notamment à la publication de tests que nous avons réalisés.

Maîtriser le contenu de ce que l’on mettait en ligne était déjà l’enjeu pour les adolescents il y a 5 ans et l’est toujours


Maîtriser le contenu de ce que l’on mettait en ligne était déjà l’enjeu pour les adolescents il y a 5 ans et l’est toujours : que ce soit via les blogs, dont la France est le pays le plus fervent (plus de 30 millions de blogs recensés sur Skyblog), mais aussi via les messageries instantanées comme Windows Live - MSN, vecteur incontournable de la communication collective (80% des 9-17 ans utilisent MSN). Facebook en est devenu rapidement et de façon fulgurante la quintessence : à la fois lieu d’(ré)écriture de sa vie, d’invention de son identité numérique et vecteur de communication instantanée.

Le réseau social est maintenant issu du web pour beaucoup de jeunes ; le lieu unique où tout converge, contenus et communication. Etre sur Facebook, c’est être connecté à un site qui permet de savoir en temps réel tout ce qui se passe ailleurs sur la Toile, grâce à ses multiples « friends ». Près de 90% des 9-17 ans fréquentent des sites de socialisation comme Facebook, Youtube, Skyblog…

C’est donc le lieu où les jeunes déposent un élément de leur vie, de leur identité, mais qui devient aussi instantanément un objet de commentaires. Sans délai, sans filtre, sans récupération ni correction possible. Et c’est là l’enjeu aujourd‘hui pour les adolescents, à l’heure de leurs tentatives multiples pour tester l’impact et le pouvoir de séduction de leur identité naissante : que toute action à vocation éphémère de test in vivo, soit gravée dans le marbre de l’Internet, de leur profil « Googlelisé ».

En parallèle, l’explosion des jeux vidéo, et notamment en réseau, est aussi un phénomène de masse qui change profondément la place des différents loisirs dans la vie des ados, notamment des garçons. Les 9-17 ans jouent aux jeux vidéo une heure par jour en moyenne et déjà plus de la moitié des 12-24 ans y jouent sur leur téléphone portable. Pour aider les parents à mieux appréhender ce phénomène, e-enfance a immédiatement conçu une application iPhone gratuite sur le portail Proxima mobile (Délégation aux Usages de l’Internet) issue du site JeuxvideoInfoparents.fr lancé 2 mois plus tôt.

A nous parents de rappeler à nos enfants que l’espace de liberté qu’est devenue la Toile n’échappe pas aux règles de la vie en société.



Aujourd’hui, la vraie révolution des usages du Web pour les ados vient de l’explosion de la mobilité et de l’accès à Internet via le téléphone portable et l’accès wifi, 3G (la moitié des 9-17 ans utilisent leur mobile pour consulter des sites Internet)… combinée à l’usage du web 2.0 et son aboutissement suprême : Facebook.

L’usage des mobiles, la révolution de l’iPhone et le déploiement des smartphones met les opérateurs mobiles sous les feux des projecteurs (70% des 12-24 ans ont un mobile multi fonctions. Cette tranche d’âge est la plus équipée en smartphone). Même si l’évolution actuelle des offres des plateformes ne les rend pas seuls responsables du filtrage de l’Internet pour les mineurs. Et c’est entre opérateurs, constructeurs et plateformes que les groupes de travail sur le sujet, au niveau européen, s’organisent aujourd’hui. Car l’enjeu est bien aujourd’hui sur le mobile, et le filtrage du web via cet outil, quelque soit la connexion (wifi, 3G…).

Outre le filtrage des contenus choquants et indésirables pour les mineurs (pornographie, jeux d’argent…), la transmission des bonnes pratiques (utilisation d’un pseudo, non divulgation de ses coordonnées, création d’un mot de passe fort et totalement confidentiel, méfiance à l’égard des inconnus et non-utilisation de la webcam avec ces derniers….), nous devons, nous parents, encadrer la pratique et la gestion du temps de connexion de nos enfants et ados. Ils ne sont pas à un âge où ils sont en capacité de s’autolimiter, en temps et/ou en contenus.

Le fameux Chatroulette, dont e-enfance s’est fait immédiatement l’écho à sa sortie en février 2010 quant à ses risques, est une illustration d’un Web « tout en images » à surveiller. Un chat non plus écrit mais visuel. Avec sa mise en relation instantanée et aléatoire avec n’importe quel inconnu connecté en même temps dans n’importe quel coin de la planète. Mais encore une fois un outil jubilatoire qui exploitait la richesse des potentialités du net, récupérée par ses fervents utilisateurs et clients de son plus grand marché : la pornographie. Le plus vieux marché du monde s’est naturellement répandu sur la Toile comme ailleurs. Or sur la Toile les mineurs étant sur-représentés, les contenus pornographiques n’étant pas filtrés, leur confrontation à ces contenus réservés aux adultes est d’autant plus aisée. C’est donc à nous parents de rappeler à nos enfants que l’espace de liberté, de déploiement de la démocratie qu’est devenue la Toile n’échappe pas aux règles de la vie en société que l’être humain s’est forgé au fur et à mesure des siècles pour permettre de vivre ensemble. Le respect de l’autre, la liberté de l’un qui s’arrête là où commence celle de l’autre, et la prescription naturelle, le fameux droit à l’oubli que l’on en arrive à revendiquer aujourd’hui ! Après toutes ces décennies de devoir de mémoire…

Car c’est là l’enjeu aujourd’hui : le fait d’écrire sur le web tout et son contraire et surtout ce qui était dédié à de l’éphémère, ne pourrait noyer dans la masse les informations qui, elles, méritent un travail de mémoire.

Source : Ipsos/e-enfance 2009 – TNS Sofres/Afom 2009

Biographie: 
Docteur en sciences économiques, elle est la Présidente-fondatrice de l'association e-Enfance.
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04.06.2014 | Annonces gratui... a écrit :

I was suggested this web site through my cousin. I'm now not
certain whether this put up is written by way of him as no one else recognize such detailed approximately my difficulty.

You are incredible! Thanks!